La vida es una tombola

Direccion America del Sur

30-08-08

La UBA

La UBA. La Univerisdad de Buenos Aires. Parce que notre université de Jésuites ne réussit pas à combler mon désir d'immersion dans la jeunesse portena, j'ai décidé d'aller m'intégrer mais en joignant l'agréable à l'utile tant qu'à faire, c'est à dire en allant suivre un cours à la UBA, la seule et unique université publique de la capitale. Ca fait trois semaines que j'y vais tous les vendredis soirs, de 19 heures à 22 heures, l'heure où les plans de la soirée s'ébauchent et surtout, l'heure de la livraison de bière pour les soirées qui sont organisées dans le hall de la fac (on en a déjà parlé rappelez-vous). Pour l'occasion tous les bureaux de la salle de conférence (ou plutôt le local le plus pourri mais le plus grand, recouvert de grafitis par les teufeurs du samedi soir !) sont écartés pour laisser place à tous ceux qui savent que les meilleures fêtes de la UBA, c'est dans la fac de science sociale, 2230 Marcelo T. Alvear.

M'enfin, moi ce dont je voulais parler c'était plutôt la version diurne de la fac, c'est à dire dans ses fonctions habituelles de fac quoi. En plein centre, à côté de la fac de médecine et d'éco, on est déjà submergé dans l'atmosphère de l'étudiant à au moins dix cuadras de là. Devant, ce qui aide à la repèrer en tant que fac de science sociale c'est la constante manif qui souvent bloque la rue, surtout le vendredi. Banderoles, jeunes filles qui distribuent des flyers du parti communiste, jeunes barbus qui se battent à coups de répliques sorties tout droit du Capital, profs qui sortent toute la classe et les bureaux aussi pour faire cour dans la rue parce que "la calle pertenece a todos". Ca donne un aperçu de ce qui nous attend à l'intèrieur.

Un immense batiment bien vieillot, pas repeint depuis longtemps, et surtout cette odeur de vieux cendrier : et oui à la UBA personne ne respecte l'interdiction de fumer. Donc dans les salles de classe, dans les couloirs, dans le bar de la fac bien sûr, chacun y va de sa pipe, roulée, industrielle, voir pétard quand c'est la fète ! Il faut le savoir, si tu pars en cours mets pas tes habits tout propre parce que tu vas ressortir tout puant comme le dimanche quand tu rentres à l'aube. Pareil, vu que souvent y a pas de place pour tout le monde dans les classes et que les chaises sont toutes cassées, tu devras t'asseoir par terre et comme personne n'a passé la serpillère depuis la piscine de bière du samedi soir, ben ...

Maintenant et ce qui est le plus hallucinant : les murs. Véritables supports à affiches politiques de tous poils, enfin surtout bien bien radicalement radical comme poils quand même. Y en a partout, partout. Des énormes pancartes en contre-plaqué (qui ont d'ailleurs facheusement tendance à me tomber dessus le samedi soir) qui t'expliquent le processus économique qui fait que tu te fais arnaquer dès que tu te mets à travailler, des rendez-vous pour la conference sur l'actualité de la théorie marxiste ou l'avenir du parti communiste. D'autres collées par dessus qui t'incitent simplement à réflechir à tel ou tel thème ou à te convertir carrement à l'anarchisme. Et surtout des invitations à venir à la fête de soutient des ouvriers du pneumatique ou au weekend à Rosario pour les 40 ans de la mort du Che par exemple. Quelques affiches aussi pour soutenir Evito et son referendum, Chavez et sa nouvelle réforme de l'éducation, bref ... des couleurs partout, surtout du rouge à vrai dire, tient donc c'est marrant ça ! Des papiers, des gens qui veulent te donner des tracts à la sortie des cours, et même qui viennent interrompre les profs au milieu des cours pour nous faire un appel à venir à la manif. On se croirait presque dans le Péril Jeune.

Et les cours quand même parce que au final, c'est quand même l'important de la chose. A mon avis, cent fois plus interressant que dans ma fac privée. Des profs qui s'y connaissent bien mieux dans leur domaine, spécialistes argentins renommés en général, qui choisissent d'enseigner à la UBA surement pas pour l'argent mais pour la motivation des élèves. Des gens qui posent des questions et écoutent la réponse, tout simplement parce qu'elle te convainc. Pas besoin de faire semblant de débattre parce que le débat c'est une institution ici, mais vu l'habitude on sait comment faire. On écoute, on coupe pas la parole, on s'éternise pas pour rien. Pendant ce temps le maté tourne, de main en main. Quand le termos est fini, y en a toujours un autre pour remplacer.

Bref, rien à voir avec mes Jésuites, ni avec l'Univeristé Lumière. La UBA, de jour comme de nuit, c'est toujours un voyage. A ceux qui disent que Buenos Aires, finalement c'est trop européen, pas assez dépaysant, je leur dirais va faire un tour là-bàs ça c'est l'Amérique Latine, la vrai, la profonde, l'énervée, l'exitée, la passionée, la bruyante, la puante, la sale, la jeune, la politique, le poing levé et les cheveux sales, la belle ...

Posté par Camilita à 22:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23-08-08

Retour de Patagonie

Voilà, ça m'aura pris une semaine, mais ça y est les photos sont là. Une semaine pour digérer. Une semaine pour oublier. Faut dire que la vida loca portena force à se demander comment des trucs comme ça peuvent exister. J'en suis à me demander si je l'ai pas inventé. Mais le temps de regarder et charger les photos et tout revient. L'odeur de la vase, le vent à décorner les boeufs, le souffle de la baleine dans ta gueule qui t'exprime juste sa curiosité. Soit le bonheur d'avoir un ami pour jouer, à savoir un gros moteur qui vibre et qui pue l'essence dans son habitat naturel (mais bon, nous les hommes on a toujours pas compris combien c'était dangereux ces petites merveilles de la modernité). Soit la rencontre avec son pire ennemi, mais comme elles sont bien sympas, elles viennent juste nous donner un avertissement en venant faire tanguer le bateau, vomir les touristes et faire palir le capitaine qui se demande ce qu'il va rester de la réputation de sa petite entreprise de promène-couillon.

Quoi qu'il en soit, la Patagonie, ou plus exactement la Péninsule Valdes en 3 jours, 2000 km aller-retour, en plein hiver et flanquée de deux allemandes (là je me vois obligée de rectifier, dans le tas y avait une autrichienne et une allemande, nouvelle conformation de la Sainte Alliance), ça valait le coup. La meilleure sièste de ma vie, au soleil de l'hiver, à l'abri du vent sous une grosse motte de sable, bien au chaud sous mes 12 pulls et mes chaussettes en lama de Bolivie qu'en bonne touriste j'ai bien fait d'acheter. Ecouter les baleines, les sentir, les toucher presque. Sentir les vibrations, les allées et venues sous la coque du bateau. Casi l'entendre expliquer à son baleineau que c'est rigolo mais qu'il faut pas trop s'approcher quand même. Voir les adolescents épater la galerie avec leur dizaine de saut d'affilé. Les bébés dans les jupes de coquillage de leur maman.

Et le retour. Des centaines de kilomètre avalés dans la pampa, au bord de la mer. Les bovins qui ont fait et qui font la richesse du pays depuis des siècles. Mais aussi, les moutons, les vigognes sauvages dont quelques unes croisées au détour d'un chemin. Les phoques, les orques, les loups et lions de mer (attention c'est pas la même chose ).

Enfin, quelques jours hors du temps. Un répis avant le retour à la vie effrénée du quotidien du Buenos Aires. Un peu de temps juste pour moi. Sans partager. Cadeau quoi. Un sursis on peut dire. Mais qui donne envie d'en prévoir d'autres. Un peu le piège avec cette vida loca. Tellement folle qu'on se rend plus compte combien il est agréable de la quitter. Mais pour mieux y revenir bien sûr !!

Allez, si vous aussi vous avez envie de grand air, allez voir les photos...

Posté par Camilita à 22:55 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19-08-08

Chez nous

Voici une petite série de photos de lieux faisant partie de notre quotidien. Des endroits souvent anodins mais qui sont déjà, après quelques mois passés ici, remplis de souvenirs pour nous. Voilà donc un regard sur Buenos Aires, le notre. De cette ville, où je me sens de plus en plus chez moi.

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Notre rue, Moreno 1195


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Le taxi portenos


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En bas de chez nous

Posté par Guilla à 20:10 - Photos - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Chez nous II

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Une petite faim en rentrant de soirée?


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San Telmo


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Bandera nacional

Posté par Guilla à 19:55 - Photos - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Chez nous III

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Avenida 9 de Julio, Obelisco


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La queue pour le colectivo


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Nuestra Presidente, Cristina K

Posté par Guilla à 19:48 - Photos - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07-08-08

Photos

Pour ceux que ça interessent, on a mis des nouvelles photos de notre vadrouille au pays du string. Dans les albums à droite de votre écran. Sur ce, on vous laisse baver ...

Posté par Camilita à 14:17 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04-08-08

Perdido en la gran ciudad

De vuelta en Buenos Aires, la gran ciudad, hogar de una locura diaria...Golpearse con la ciudad, re-urbana, cada dia, cada noche...Del amenecer a la nochecita...Me encanta, lo necesito, este quilombo sin fin, sin destino...Un poco perdido, sin camino...Me vuelvo loco...Ya esta...Sin saber que hacer, por donde ir, por donde saldra el sol...Quiero un destino, un futuro, un porvenir...cualquiera cosa...tengo ganas de tener ganas. Dans un combat urbain incessant, il faut se battre. Tous les matins, jusqu'au prochain. Vivre la ville, suffoquer d'une urbanité excessive, aimer ça. Se perdre, s'imprégner, se faire vider de ses forces par elle. La ville, Buenos Aires. Un bordel sans nom, sans fin. Mais un bordel vivant. J'aime cette ville, j'aime son excessivité. Pas toujours belle, pas toujours respirable et surtout pas calme. Mais vivante. Ville ou le silence n'existe pas. Manger du béton, respirer des gaz d'échappement, éviter de peu un face à face violent avec les rues. Et devenir fou, fou de cette ville. Ne sachant pas pourquoi. Ecoutez les casseroles chanter et appréciez. Vivo en un pais loco donde las caserolas cantan de noche.

Posté par Guilla à 12:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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